Parc National du Diawling (PND)

Créé en 1991, le Parc National du Diawling (PND) est une aire protégée de 16.000 ha classée comme site RAMSAR en 1994 pour l’importance de ses zones humides. Il se situe sur la rive droite du bas delta du fleuve Sénégal à l’interface fleuve – océan, première bande de verdure après les zones désertiques qui occupent les deux tiers du littoral.

Le Parc National du Diawling, vecteur d’une restauration inédite des écosystèmes et de la biodiversité

L’objectif du PND est la restauration, la conservation et l’utilisation durable des ressources naturelles du littoral côtier et des terres inondables de la région du bas delta, fortement affectées par les effets d’une sècheresse apparue dans les années 1970 à 1980 et d’une perturbation liée à la construction des barrages de Diama et de Manantali sur le fleuve Sénégal. Ces barrages ont engendré une importante perturbation des écosystèmes qui a conduit à la forte dégradation de la faune et la flore, la réduction puis la quasi-disparition des oiseaux, la salinisation de plaines, et l’endiguement d’une partie du delta.

Une biodiversité rétablie au moyen d’un système hydraulique inédit

Un retour à l’équilibre écologique d’avant-barrage était donc nécessaire, passant nécessairement par la restauration des équilibres hydriques de la région du bas-delta du fleuve. Ainsi, le parc régule, depuis 1994, l’inondation des plaines au moyen d’un système hydraulique performant constitué de vannes et d’ouvrages. Le PND réalise chaque année un plan de gestion de l’eau basé sur la simulation d’une crue du 1er juillet au 31 octobre alternée avec une décrue du 1er novembre au 30 avril pour récréer le fonctionnement estuarien existant avant le barrage.

Fortement dégradés au moment de la création du Parc, les écosystèmes ont retrouvé une grande partie de leurs fonctions grâce aux efforts de conservation de la biodiversité entrepris. Dès les premiers essais en 1994, pluies et inondations contrôlées ont en effet favorisé la régénération de végétaux sur les plaines, les dunes côtières et l’estuaire, ce qui a engendré un retour de la biodiversité.

Des paysages et une biodiversité riches

La région, qui se caractérise par un climat sub-sahélien, est soumise aux effets conjugués des crues du fleuve et des marées salines, ce qui explique sa richesse et son potentiel tant agricole qu’halieutique. Ses terres reflètent la richesse éco-systémique caractéristique de toute la région : collier de dunes côtières abritant les mangroves, plaines d’alluvions, mares et marigots.

Une zone de frayère et de reproduction pour les poissons

Les plaines inondables constituent enfin à nouveau une zone de frayère et de reproduction extrêmement riche pour une centaine d’espèces de poissons. L’alose, le bar et le mulet viennent ainsi se reproduire dans les eaux rendues saumâtres par les marées avant de repartir en mer, tandis que les crevettes évoluent dans les eaux douces du bassin de Bell avant de redescendre vers le lit du fleuve et son estuaire.

Un site de choix pour les oiseaux migrateurs

La reprise de la végétation et du potentiel halieutique a de même favorisé le retour des oiseaux migrateurs qui se comptent à nouveau par centaines de milliers. Le PND est aussi un lieu important de rassemblement et de reproduction des oiseaux d’eau. Il accueille également de grandes colonies d’oiseaux nicheurs tels que le flamant rose, le flamant nain, le cormoran, la spatule ou le pélican blanc. Il s’agit ainsi, après le Banc d’Arguin et le Djoudj au Sénégal, du troisième site d’importance internationale pour l’accueil des oiseaux migrateurs d’Europe du nord et d’oiseaux afro-tropicaux.

Volets de subventions au Parc National du Diawling (PND)

Dans un contexte de pressions croissantes sur les écosystèmes, cet axe vise à appuyer la gestion du Parc sur des données fiables et actualisées. Il renforce la capacité à planifier, ajuster et évaluer les actions grâce à une meilleure organisation de l’observation, des outils adaptés et des partenariats scientifiques. Cet appui permet de mieux orienter les décisions, de suivre les progrès réalisés et d’assurer une gestion plus réactive et efficace en vue d’une restauration et conservation des habitats, des espèces et de la biodiversité.

  • Dénombrement international des oiseaux d’eau, qui se déroule chaque année le 15 janvier dans toute la partie mauritanienne de la Réserve Transfrontalière du Delta du fleuve Sénégal (RBTDS), avec divers spécialistes (ornithologues nationaux et internationaux, bénévoles et administrateurs)
  • Suivi hydraulique et hydrogéologique : Des missions de suivi hebdomadaire pour mesurer les niveaux et la qualité de l’eau et assurer l’entretien des installations et équipements. Des travaux de rénovation et d’entretien des ouvrages sont également réalisés.

  • Structuration, animation & fonctionnement de l’Observatoire en charge du suivi écologique et de la capitalisation : Suivi de la faune et de la flore, suivi spécifique des flamants roses et nains dans l’Aftout, amélioration des protocoles de suivi, capitalisation des connaissances (guide de la végétation, inventaire de l’entomofaune, etc.), recueil et exploitation des données, activités de reporting, organisation de missions scientifiques et universitaires, renforcement de capacités, etc.
  • Prise en charge des missions trimestrielles de planification et suivi-évaluation du PND rassemblant les équipes du siège et du terrain
  • Surveillance participative & inclusivitéRéalisation de missions hebdomadaires combinant surveillance et suivis écologiques 
  • Renforcement des Unions des Métiers constituées en 2015 par un travail d’animation et de formation, visant à mieux les intégrer comme acteurs à part entière de la gestion du parc
  • Prise en charge du fonctionnement, de l’équipement et du ravitaillement des postes de surveillance fixes et saisonniers, ainsi que du siège ; amélioration de l’efficacité opérationnelle
  • Renforcement des capacités et formation
     
  • Réunions annuelles du Comité pluridisciplinaire de Suivi Hydrologique (CSH), pour l’élaboration concertée du scénario d’inondation : évaluation de la campagne d’inondation par l’analyse des indicateurs de suivi, restitution et discussion des résultats avec les unions de métiers, recommandations et proposition de nouveau scénario
  • Suivi des activités socio-économiques : Pêche, maraîchage, cueillette et artisanat, élevage
  • Régulation des espèces envahissantes
    • Cartographie des zones favorables au réensemencement ou à la plantation du Sporobolus, avec lequel sont fabriquées localement les nattes traditionnelles
    • Reboisement de plusieurs hectares de mangrove : repiquage de propagules de palétuviers Rhizophora racemosa
    • Coupe d’espèces végétales envahissantes sur des dizaines d’hectares dans les bassins du PND, afin de rouvrir les plans d’eau aux oiseaux, crocodiles, poissons et favoriser la recolonisation par le Sporobolus et la germination des graines de nénuphar
    • Création et entretien régulier de couloirs de lutte contre les feux de typha
  • Promotion du tourisme vert

  • Éducation environnementale : Accueil régulier d’élèves venus des établissements scolaires de Nouakchott, élaboration d’un guide d’éducation environnementale
  • Communication : Rapport d’activité annuel, newsletter, site internet, gestion de la page Facebook, organisation de stands et participation à des événements pour promouvoir l’impact du PND, etc.

Gestion des activités du PND

Pour coordonner efficacement ses actions, le PND s’est doté d’un Plan d’Aménagement et de Gestion sur 5 ans (2023-2027) avec 3 axes d’intervention :

  • Observation, planification et suivi-évaluation ;
  • Gouvernance, adaptation et résilience ;
  • Aménagement et gestion territoriale.