Programme de Conservation du Phoque Moine (PCPM)

Le programme de conservation du phoque moine dans la péninsule de Cap Blanc est en développement depuis 2000. Son but est de protéger la plus grande population survivante de l’une des espèces les plus menacées au monde, le phoque moine de Méditerranée.

Un programme qui mobilise plusieurs acteurs : CBD-Hábitat, Annajah, Fondation MAVA, RESOPHOM…

Au niveau opérationnel, le Programme est mis en œuvre par CBD-Hábitat en collaboration avec Annajah, organisation non gouvernementale mauritanienne. Le Réseau d’Urgence du Phoque Moine (RESOPHOM) est également constamment opérationnel sur la surveillance.

En termes de financement, le BACoMaB soutient depuis 2018 les activités de surveillance de la colonie et de suivi de sa situation. Ce financement du BACoMaB est complémentaire de celui fourni par la Fondation MAVA, principal partenaire financier du programme. En 2024, le BACoMaB a alloué 120 000 € au programme, dont 40 000 € dédiés au projet de translocation du phoque moine au Cap Alzaz (PNBA), en préparation de l’essai prévu pour 2025.

Des efforts qui ont un impact global sur la sauvegarde du Phoque moine

350

Individus en 2024
Contre 100 en 1998

44

Nouveaux-nés en 2024

Une surveillance 24 heures sur 24 de la Réserve de Phoques moines

La réserve de la Côte des Phoques bénéficie d’une surveillance continue, 24 heures sur 24, 365 jours par an, depuis 24 ans. Le suivi constant de la réserve est essentiel pour garantir la stabilité et la croissance de la population de phoques, contribuant ainsi à la conservation de l’espèce, tant au niveau régional qu’international. Le projet de conservation mené par la Fondation CBD-Hábitat et Annajah repose sur cette surveillance continue, ayant un impact global sur la sauvegarde de l’espèce. Grâce à cet engagement, la population de phoques a augmenté, passant de 100 individus en 1998 à plus de 350 aujourd’hui. 

Les subventions du BACoMaB ont été cruciales pour atteindre ces objectifs. Elles nous ont permis d’améliorer nos moyens matériels et de renforcer nos actions. C’est vraiment une amélioration que nous avons ressenti directement sur le terrain. La surveillance de la colonie de phoques moines est toute simplement essentielle pour assurer la protection de cette espèce menacée et préserver l’équilibre de l’écosystème marin. En détectant et en empêchant les infractions telles que la pêche illégale, nous contribuons à maintenir l’intégrité de l’Aire Maritime Protégée et à garantir la survie des espèces qui y habitent.

Moulaye Haya
Chargé de surveillance du Programme de Conservation du Phoque Moine (PCPM)

Le projet de translocation du phoque moine, pour la conservation de l’espèce à long-terme

Des menaces persistantes

Après avoir concentré les efforts sur la sauvegarde immédiate de l’espèce, les actions menées ces dernières années ont permis d’atteindre un premier objectif crucial : éviter l’extinction du phoque moine dans la région et favoriser son rétablissement sur les sites historiques de présence, notamment dans la péninsule du Cap Blanc. Cependant, malgré ces progrès, les populations actuelles restent trop limitées pour garantir la survie de l’espèce à long terme. Au Cap Blanc, les phoques moines vivent essentiellement dans des grottes marines, un habitat à la fois rare et fragile. Ces grottes sont soumises à de nombreuses menaces : forte mortalité juvénile lors des tempêtes, éboulements, érosion côtière ou encore montée du niveau de la mer.

Des progrès réalisés en 2024

Pour renforcer les chances de survie de l’espèce, les autorités des 4 pays signataires du Programme de Conservation du Phoque Moine (PCPM) ont décidé de mettre en œuvre un projet de translocation : l’établissement de nouvelles populations dans des zones favorables au sein de la région. Cette approche vise à créer un réseau de populations connectées, moins vulnérables aux aléas locaux, en transférant des individus issus de la population du Cap Blanc vers des habitats identifiés comme propices au développement de l’espèce.

Des progrès ont été réalisés en 2024 dans le cadre du projet de translocation des phoques moines au PNBA, avec la construction de clôtures et d’infrastructures au Cap Alzaz, en préparation de l’essai prévu pour 2025.